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Ce film documentaire de création a pour
objectif de cerner, à partir de la réalité
d’une ville moyenne comme Zarsis, les mutations et les
bouleversements profonds que les sociétés du Sud
sont en train de vivre sous l’effet de plusieurs facteurs
aussi bien endogènes qu’exogènes.
Notre démarche consiste à montrer, par le biais
d’une galerie de portraits, que ces mutations sont vécues
comme un face à face entre tradition et modernité,
entre ceux qui, tout en étant ouverts au dialogue avec
l’Autre, demeurent jalousement attachés à
leur racine identitaire et culturelle locale ; et ceux qui s’appliquent
à garder le visage tourné exclusivement vers la
modernité ou au contraire vers des chimères fondamentalistes,
d’où les tentations à l’émigration
clandestine, l’endoctrinement islamiste et les désespérées
réactions suicidaires
C’est Simon, le « célèbre »
droguiste, de confession juive qui incarne l’attachement
infaillible à la mémoire collective locale. C’est
un essaim de jeunes fragilisés par ces mutations qui
illustrent la deuxième voie. Ce face à face trouve
souvent dans le magasin de Simon, lieu de croisement et de rencontre
entre tous les protagonistes, l’occasion propice d’échanger
leurs points de vue ou de confier leurs intimes secrets.
Autour de Simon se meut une constellation de portraits : Tahar,
mon frère l’instituteur, le progressiste qui s’enflamme
joyeusement à commenter la situation dans le monde et
à énumérer les maux qui rongent l’homme
d’aujourd’hui victime de la mondialisation ; Hadi,
le peintre maudit expulsé de Fatma, la marieuse qui ne
chôme jamais, en hiver comme en été, toujours
sollicitée à glaner les secrets des familles et
à jouer la médiatrice, l’entremetteuse,
la messagère ; Bachir, le chauffeur de taxi, homme jovial
et serviable, ami de tout le monde… Ces hommes et ces
femmes fréquentent tous le magasin de Simon, le juif,
pour s’approvisionner en produits multiples et aussi pour
discuter entre eux et parler d’eux-mêmes, de leur
ville et du monde.
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